mardi, 04 mars 2008

Christophe Alévêque - Debout !

Buvez toujours avec modération.

Ne dépassez pas les limitations.

Le beurre fondu donne le cancer

Et tout ce qui est bon bouche vos artères.

Baissez le son pour vos voisins.

Il est interdit de fumer du joint

Et méfiez vous des étrangers.

Ne faites jamais l’amour sans capoter.

Mettez des barres aux bars aux ouvertures

Et des alarmes à la voiture.

La cigarette nique vos poumons.

Ralentissez en cas d’-iction.

Ne sortez pas la nuit tombée.

N’encouragez pas la mendicité.

Avant d’achetez, vérifiez n’étiquette.

Le portable attaque les –ettes.

Assurez-vous sur la vie, sur la mort.

Attention, un virus en cache un autre.

Trop de sport, c’est très mauvais pour le cœur

Et surtout n’oubliez pas d’avoir peur !

Pendant ce temps-là les chats ronronnent,

Les chiens s’enfilent par tous les trous

Et les singes nous regardent du haut de leurs arbres

En pensant qu’ils auraient pu être nous.

[Blabla de chats, de chiens, de singes.]

J’en ai marre, t’en a marre.

Il est l’heure, il est trop tard.

Je n’y crois plus, tu n’y crois plus.

On n’y peut rien, c’est comme ça.

Tu décides, ils décident ce que je dois penser.

Je subis, tu subis la bonne démocratie.

Stérilisés, aseptisés. Consensualité.

Non, non, non, non, surtout ne nous réveillez pas,

Nous avons l’air si heureux comme ça.

Non, non, non, non, surtout ne nous bousculez pas,

Continuons la propaganda : « Tout va bien, tout va bien, everything is alright ».

 

 

Y’a ce qu’on dit, y’a ce qu’on pense,

Y’a ce qu’on pense et y’a ce qu’on dit.

Y’a ce qu’on dit quand on pense et

Y’a ce qu’on pense qu’on a dit.

Mais à ce qu’on a dit, ça se compense

Tout ce qu’on pense et tout ce qu’on dit

Car si on ne dit pas tout ce qu’on pense,

On ne pensait pas tout ce qu’on a dit.

Des questions ?

Y’a ce qu’on dit, y’a ce qu’on pense,

Y’a ce qu’on pense et y’a ce qu’on dit.

Y’a ce qu’on dit quand on pense et

Y’a ce qu’on pense qu’on a dit.

Mais à ce qu’on a dit, ça se compense

Tout ce qu’on pense et tout ce qu’on dit

Car si on ne dit pas tout ce qu’on pense,

On ne pensait pas tout ce qu’on a dit.

Des questions ?

Pour les pauvres, y’a ce qu’on dit

On dit qu’ils sont malheureux

On dit qu’il faut faire quelque chose

Que c’est vraiment scandaleux

Mais on n’y pense pas longtemps

On s’oublie très rapidement

Y’a ce qu’on dit et y’a qu’on pense

Plus qu’à bouffer

Pour la capote qu’est-ce qu’on dit

Ca devrait être obligatoire

Dès que je pose ma culotte

Je vais la prendre dans le tiroir

Mais la pensée est troublée quand on commence à se toucher

Y’a ce qu’on dit et y’a qu’on pense plus qu’à baiser

Et pour quoi tout ça, et bien parce qu’il y a ce qu’on dit

Et y’a ce qu’on pense mais ce n’est pas pareil

Non, ce n’est pas pareil, pourquoi ?

Et bien parce que :

Y’a ce qu’on dit, y’a ce qu’on pense,

Y’a ce qu’on pense et y’a ce qu’on dit.

Y’a ce qu’on dit quand on pense et

Y’a ce qu’on pense qu’on a dit.

Mais à ce qu’on a dit, ça se compense

Tout ce qu’on pense et tout ce qu’on dit

Car si on ne dit pas tout ce qu’on pense,

On ne pensait pas tout ce qu’on a dit.

 

 

 

Je voudrais, sans la nommer, vous parler d’elle

Comme d’une bien-aimée, d’une infidèle,

Une fille bien vivante qui se rêve

A des lendemains qui chantent sous le soleil.

C’est elle que l’on matraque, que l’on poursuit, que l’on traque.

C’est elle qui se soulève, qui souffre, qui se met en grève.

C’est elle qu’on emprisonne, qu’on trahit, qu’on abandonne,

Qui nous donne envie de vivre, qui donne envie de la suivre jusqu’au bout !

Je voudrais sans la nommer, lui rendre hommage,

Jolie fleur du moi de mai ou fruit sauvage,

Une plante bien plantée sur ses deux jambes

Et qui traine en liberté où bon lui semble.

C’est elle que l’on matraque, que l’on poursuit, que l’on traque.

C’est elle qui se soulève, qui souffre, qui se met en grève.

C’est elle qu’on emprisonne, qu’on trahit, qu’on abandonne,

Qui nous donne envie de vivre, qui donne envie de la suivre jusqu’au bout !

Je voudrais, sans la nommer, vous parler d’elle,

Bien aimée ou mal aimée, elle est fidèle.

Et si vous voulez que je vous la présente,

On l’appelle révolution permanente.

C’est elle que l’on matraque, que l’on poursuit, que l’on traque.

C’est elle qui se soulève, qui souffre, qui se met en grève.

C’est elle qu’on emprisonne, qu’on trahit, qu’on abandonne,

Qui nous donne envie de vivre, qui donne envie de la suivre jusqu’au bout !

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